La Culture : causes et conséquences évolutives du progrès

La Culture : causes et conséquences évolutives du progrès

Article 1. La culture comporte un double sens…

La culture comporte un double sens : réel et figuré. Au sens réel et primitif, c’est le travail exécuté afin de fertiliser la terre et en améliorer la productivité. Au sens figuré et secondaire, c’est tout effort et toute activité intellectuels de l’humain visant à faire fructifier ses dons naturels, ses potentiels créateurs, ses qualités morales et éthiques, afin de l’élever au-dessus de sa condition initiale naturelle, primitive et instinctive. Elle hausse l’humanité, individuellement et collectivement, à un état supérieur de conscience et de développement spirituel de soi.

Article 2. Individuellement, la culture constitue…

Individuellement, la culture constitue la somme des savoirs, des connaissances et des sagesses acquis au fil des âges, enrichissant l’esprit humain et le faisant progresser vers une plus grande perfection de soi. Elle a un caractère général lorsqu’elle se rapporte à des domaines d’application concernant le genre humain dans son ensemble, en dehors des métiers et de toutes spécialisations techniques ou professionnelles.

Article 3. La culture est l’affaire de chaque civilisation…

La culture est l’affaire de chaque civilisation. Elle comporte des aspects intellectuels collectifs inhérents à la vie religieuse, morale, esthétique, scientifique et technique des peuples en évolution.

Article 4. Nous appelons civilisation…

Nous appelons civilisation l’ensemble des caractères intellectuels et spirituels, communs aux sociétés humaines les plus évoluées sur les plans de la religion, de la philosophie, de la morale, de l’esthétique, de la science et de la technique.

Article 5. On nomme religion…

On nomme religion (du mot latin religare = relier) ce sentiment ou cette prise de conscience, par lequel ou par laquelle l’homme se sent relié à quelque chose de plus grand que lui dans l’univers global, et qui lui permet de reconnaître nécessairement l’existence d’un Principe supérieur, d’une Intelligence suprême, d’une Présence absolue, d’une Sagesse sublime, qui est à la fois une transcendance et une immanence, de la nature et du pouvoir duquel dépend toute destinée. Cette reconnaissance d’une Cause Première absolue et suprême est ce qui donne un sens et une finalité à l’évolution. Sans elle, pas de véritable morale humaine et pas de véritable éthique collective.

Article 6. La religion est généralement…

La religion est généralement réduite à une attitude intellectuelle par laquelle l’homme adhère à certaines idées de morale et de conduite humaine, d’où résulte un système de croyances et de pratiques rituéliques spécifiques à des groupes sociaux divers. Toute vie sociale est nécessairement rythmée par le principe de l’ordre. L’ordre est une affaire de maîtrise de soi qui est le fondement de toute éducation réelle, et non une contrainte morale ou religieuse. Toute contrainte aboutit aux multiples formes de dictature et de despotisme. C’est par le principe de l’amour du prochain que l’homme doit entretenir des relations pacifiques avec autrui. La bonté pratique est le critère de cet amour philanthropique.

Article 7. La religion repose donc…

La religion repose donc sur la foi mystique, certaines convictions idéologiques comme le bien-fondé de la bonté, du sens du beau, du vrai et du juste, l’espérance morale, la confiance de soi en quelque chose de supérieur, avec une adhésion profonde de l’intellect et du sentiment, ce que l’homme nomme l’esprit et le cœur, l’intelligence et l’amour, la raison et la sagesse.

Article 8. La morale…

La morale concerne les mœurs particulières des hommes qui, en fonction de certaines règles admises par tous les membres d’une société, mettent en pratique certaines habitudes dont la nature bonne ou mauvaise est définie par des critères extrêmement relatifs et dont les normes varient d’une époque à l’autre. On peut dire que la morale est une tendance philosophique qui consiste à théoriser l’action humaine, en la soumettant aux nécessités du devoir, de la responsabilité ou des buts qu’une société donnée se propose d’atteindre. Le devoir et le sens de la responsabilité peuvent être en soi une obligation morale générale.

Article 9. L’éthique…

L’éthique n’est rien d’autre que la morale étendue à la collectivité toute entière et peut donc avoir un caractère politique et social.

Article 10. Pour éviter toutes sortes de dérapage de conduite…

Pour éviter toutes sortes de dérapage de conduite et favoriser jusqu’à un certain point la vie commune en société et en collectivité, toute nation et tout peuple, comme chaque indivigroupe, se doit de définir une ligne de conduite morale, basée sur la connaissance et la sagesse, et non plus sur l’admission ancestrale de certaines mœurs ou de certaines coutumes, ou encore de certains usages devenus traditionnels. La construction ou l’élaboration d’un système de morale ou d’éthique dépend donc du degré que les hommes ont atteint dans l’épanouissement de la conscience supérieure du monde et de l’environnement. Ce système moral et éthique fait ensuite l’objet d’une codification qu’entérine la loi démocratique et que les citoyens acceptent.

Article 11. Pour être valide…

Pour être valide, tout système de morale et d’éthique doit prendre comme point de repère ce système unique de référence que sont les notions de bien public ou individuel, de bon, de beau, de vrai et de juste. Le Bon, le Bien, le Beau, le Vrai et le Juste sont les fondements généraux de la morale et de l’éthique. On appellera mal tout ce qui est contraire à une morale et à une éthique du Bon, du Bien, du Beau, du Vrai et du Juste : là, dans ces domaines de référence permanente, doivent se situer les obligations morales des individus et les obligations éthiques des sociétés.